Lahdha

LAHDHA

Lahdha / Instant
Film avec Gwenaëlle Chastagner Angei et Imad Barakate de Amandine Ferrando.
Avec en « voix off » Imad Barakate
Texte lu par Imad : Extrait du Diwan « Sabir ala awal » de Abdellatif Lakouam

Lahdha c’est un film poétique, un film qui raconte le parcours d’un homme (Mejdoub) mais aussi d’une femme, un échange entre un conteur et un nomade, un poème errant sur les routes du Maroc bercé par les Gnawa, les Bayfall et le soufisme…
Une sonorité poétique, un parcours subtil qui nous parle d’un homme qui par errance amoureuse va se confronter à lui même .
Des images filmées dans l’instant lors d’un voyage au Maroc, un voyage de transmission ou la réalité va rejoindre le conte, un parcours/ questionnement sur l’image-instant, l’image fiction et/ ou réel, l’image mentale/ intérieure et la transmission.
Quand l’instant fait surgir le réel, il nous rapproche peut être du sacré et donc de nous même . 

Le temps n’a qu’une réalité, celle de l’Instant. Autrement dit, le temps est une réalité resserrée sur l’instant et suspendue entre deux néant. Le temps pourra sans doute renaître, mais il lui faudra d’abord mourir. Il ne pourra pas transporter son être d’un instant sur un autre pour en faire une durée. L’instant, c’est déjà la solitude. C’est la solitude dans sa valeur métaphysique la plus dépouillée. Mais une solitude d’un ordre plus sentimental confirme le tragique isolement de l’instant : par une sorte de violence créatrice, le temps limité à l’instant nous isole non seulement des autres mais de nous-mêmes, puisqu’il rompt avec notre passé le plus cher. Ce caractère dramatique de l’instant est peut-être susceptible d’en faire pressentir la réalité. Ce que nous voudrions souligner c’est que dans une telle rupture de l’être, l’idée du discontinu s’oppose sans conteste. On objectera peut-être que ces instants dramatiques séparent deux durées plus monotones. Mais nous appelons monotone et régulière toute évolution que nous n’examinons pas avec une attention passionnée. Si notre cour était assez large pour aimer la vie dans son détail, nous verrions que tous les instants sont à la fois des détonateurs et des spoliateurs et qu’une nouveauté jeune ou tragique, toujours soudaine, ne cesse d’illustrer la discontinuité essentielle du Temps.Bachelard, L’intuition de l’instant

Merci à Imad Barakate et Gwenaelle Chastagner Angei

LAHDHA, ça veut dire « instant » en arabe .

Ce film propose une expérience, un processus qui comporte 3 éléments :

1 :Lecture d’une édition poétique : 10 min
2: projection du film Lahdha : 23 min : détail du film dans le dossier artistique joint

3: Invitation d’une artiste / musicienne/ poète qui permet la transmission nécessaire de la poésie (sonore ou non) , (en résonance avec les Gnawa et les soufi ) afin de permettre de le vivre dans le réel . L’émergence du sensible et la transmission passe (entre autre) par la musique .


1 : L’EDITION POETIQUE / «  Cette édition poétique va avec le film , elle n’est pas l’explication du film. Dans le film vous aller entendre une voix off en Darija ( dialecte Marocain ) qui raconte une histoire . Ce n’est pas sous titré en français ou en anglais, volontairement car je tiens à ce qu’on l’entende avec le coeur si on ne comprend pas la langue ( ou si on l’a comprend d’ailleurs) et aussi parce que pour moi un Diwan (recueil de poème en arabe) se traduit très difficilement, j’ai donc fais le choix de le laisser brut. Il s’écoute donc comme un poème sonore. Ce texte est un Diwan qui m’a été lu dans le désert Marocain j’ai accédé à sa traduction le jour de la lecture à l’oral partiellement puis par la suite en rencontrant des marocains, algériens, tunisiens, kabyles lors de mes voyages ou déplacement en Europe ou au Maroc et ce pendant plusieurs années »

« Une traduction oral que j’ai retranscris (en parti ) à ma manière dans cette édition en y mêlant ma propre poésie. Cette édition permet l’accès au fil rouge de ce que cette homme raconte sans l’abimer. Un accès aux images mentale avant le film, un cinema du réel et de l’instant. Un peu à la manière de l’opéra . Un livret avant d’entrer . »

« Avant la projection j’explique cela puis je distribue donc cette édition à chacun .J’invite le public à le lire puis propose une lecture à 2 voix soit avec quelqu’un du publique soit avec un poète invité par moi même . .Puis la projection est lancé puis s’en suis l’improvisation silencieuse ou sonore . Chacun est libre ensuite d’emporter l’édition ou non, de l’acheter ou l’echanger ..

4 ème de couverture
Edition